Les îles de la Madeleine, un havre de paix ornithologique...




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Quelques heures de sommeil et une douche à l'eau froide plus tard, nous voilà plus ou moins requinqués. En tout cas moi, ça y est, tous mes repères se sont remis en place, mes sens sont en éveil, mon appareil photo est prêt à shooter massivement, je suis prête pour l'aventure ! Dommage que mon enthousiasme ne soit pas vraiment communicatif...

Après le petit déjeuner local (pain + beurre + confiture-farcie-de-fourmis et/ou pâte à tartiner ChocoLion ou ChocoPain + poudres (de lait, de café, de sucre) pour boisson chaude ou thé) pris en communauté, assis pliés en quatre au bord d'une table basse bancale, nous refermons nos sacs à dos et partons pour notre première excursion.

Nous avons obtenu au dernier moment les autorisations nécessaires pour aller explorer l'île de la Madeleine ! Il s'agit là d'une visite totalement inédite, y compris pour Philéas qui n'avait jamais réussi à y aller jusqu'à présent.




Le Parc National des îles de la Madeleine se situe à environ 4 kms au large de Dakar. Le seul moyen pour s'y rendre : la pirogue

Le temps est brumeux et le ciel voilé. Il ne fait pas une chaleur écrasante, ce qui est appréciable pour une telle excursion. Et chose inattendue : le matin en y allant, nous supportons même nos polaires. Nous ne savions pas encore que nous allions subir le froid pendant ce séjour...


La principale île est aussi appelée l'île SARPAN, du nom d'un ancien militaire de l'armée coloniale française qui aurait été envoyé sur cette île déserte pour y purger une peine selon la légende. Un jour, des Lebous (ethnie vivant sur les côtes de la presqu'île Dakaroise) seraient venus explorer l'île et y auraient rencontré ce soldat qui se serait présenté comme Monsieur SARPAN. Les Lebous ne comprenant pas, de retour sur le continent ils auraient alors raconté avoir vu un homme serpent sur l'île. C'est ainsi que l'île de la Madeleine est devenue, à tort, l'île SERPENT !

Le récit de cette légende m'a fait froid dans le dos évidemment, la seule évocation de la présence de reptiles quelque part me hérissant le poil. Mais le guide m'a rassurée très vite : il n'y a pas et il n'y a jamais eu l'ombre d'une écaille de serpent là-bas. Voilà un lieu plein d'atouts comme je les aime !!!



Nous avons passé une grande partie de la journée sur l'île principale (Serpent donc), seuls avec un éco guide ex-militaire. Car personne ne vit là-bas. 
C'est devenu une réserve ornithologique, où nous avons eu la chance de pouvoir observer de très près le rare Phaéton en pleine période de nidification.

Nous sommes arrivés à marée haute, et nous avons pu accoster "à sec" sur un ponton niché dans une crique paisible. Le lieu est tellement particulier que nous nous serions vraiment crus tels des Robinson Crusoé perdus au bout du monde.




Nous avons fait une randonnée autour de l'île pour découvrir ses colonies d'oiseaux, dont essentiellement des cormorans qui ensevelissent les rochers et les falaises sous leurs fientes. 








Nous avons fait suivre tout le nécessaire pour pique-niquer sur la plage. Bon ensuite, pour la baignade, Anthony a bien voulu essayer mais ça n'a pas été possible, l'eau était un peu trop fraîche.

Dessert improvisé de ce pique-nique : savez-vous de quoi il s'agit ?
C'est le "pain de singe", le fruit du baobab !
C'était la première fois que nos petits aventuriers en goûtaient.

et voilà à quoi ça ressemble à l'intérieur. On mange la chair blanche.
On en fait aussi du jus, appelé le jus de bouye, dont les propriétés sont excellentes pour lutter contre les désordres de tuyauterie interne...



Le piroguier est venu nous chercher en milieu d'après-midi, juste avant que la marée basse n'empêche complètement l'accès à la crique. Mais le niveau avait beaucoup baissé et comme le ponton était "hors d'eau", il a fallu jouer aux acrobates sur les rochers hyper glissants pour monter dans la pirogue...
Je n'arrêtais pas de mettre en garde Estelle et Anthony, de faire très attention de ne pas trébucher, tomber, se casser quelque chose : on était un peu loin de tout secours possible quand même... Je les ai tellement soûlés avec ça qu'ils ne m'ont pas épargnée quand c'est finalement moi qui me suis vautrée dans la mer jusqu'aux genoux en tentant de grimper sans me mouiller les godasses !!! Résultat des courses : mon pantalon, propre au départ de l'action, a fini tout pourri, mouillé, plein de sable et de vase (c'est ballot, on voyageait léger en affaires de rechange) ; ma seule paire de pataugas s'est retrouvée complètement inondée... et elle est restée trempée pendant 2 jours car avec le temps qu'il faisait et l'humidité ambiante, ça ne voulait pas sécher. Super agréable de passer 48h avec des grolles mouillées aux pieds...

Mais ce petit incident n'a pas gâché cette journée. Le calme et la sérénité qui se dégagent de cet endroit nous ont beaucoup plu. Belle découverte que je recommande. C'était vraiment super.









ça ne se voit pas au premier coup d’œil, mais il s'agit là d'un baobab nain !





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