[ #HistoiresExpatri√©es ] Mon ailleurs la nuit... ūüĆėūüƆ





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(√©dition n°5 - 03/2018)
(avec pour marraine Lucie, expatriée en Italie)


Thème proposé

MA VILLE/MON PAYS LA NUIT

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En d√©couvrant le th√®me des #HistoiresExpatri√©es de ce mois-ci, je l'ai spontan√©ment interpr√©t√© comme une invitation √† la d√©couverte nocturne des coins branch√©s et tendances o√Ļ sortir, des endroits sympas o√Ļ se divertir, manger, boire, danser, faire la f√™te jusqu'au bout de la nuit. Tout un programme all√©chant en th√©orie... sauf que, pour moi, √ßa s'est av√©r√© √™tre un v√©ritable casse-t√™te.
Ah bon ? Mais pourquoi ?

D'abord parce que je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout, d'un temp√©rament noctambule ūüėä !  
#JeNeSuisPasUnOiseauDeNuit

Ensuite parce qu'entre les mondanit√©s et moi, √ßa n'a jamais √©t√© l'amour fou, je me sens plut√īt mal √† l'aise en soci√©t√©.  
#JeSuisPresqueUneNanaSauvageCach√©eAuFondDeSaCaverne ūüėĀ

Enfin, et surtout, parce que l√† o√Ļ j'ai habit√© au S√©n√©gal, et √† l'√©poque o√Ļ on y vivait, √ßa ne se pr√™tait pas vraiment √† ce qu'on peut s'imaginer de la vie nocturne √† l'occidentale...
#JeN'aiPasFranchementAtterriAuBonEndroit


J'aurais pu avoir quelque chose de concret √† raconter si on avait habit√© √† Dakar, capitale infernale coinc√©e sur la presqu'√ģle du Cap-Vert. Mais m√™me lorsque nous devions y aller pour des formalit√©s ou pour r√©cup√©rer de la famille √† l'a√©roport, la vie nocturne Dakaroise nous √©tait totalement √©trang√®re.
Je peux seulement citer les trois restaurants que nous avions choisis comme point de chute :
"Chez Loutcha" (rue Mousse Diop). Un établissement très kitsch, incontournable et ultra-fréquenté, tenu (d'une main d'acier) par une Cap-verdienne pur jus. Qui va à Dakar sans aller manger chez Madame Loutcha rate incontestablement une expérience à vivre. Les rations étaient gargantuesques ; parvenir à finir son assiette était un défi à chaque fois ! La diversité des spécialités culinaires proposées est hallucinante : cuisines cap-verdienne, créole, africaine, européenne, orientale, américaine. Petit détail insolite pour les français : on pouvait même y commander à l'avance de la choucroute, de la raclette ou encore de la bouillabaisse par exemple. Consulter l'imposant menu (avec ses pages aux messages subliminaux...) annonçait la couleur !!!



√† m√©diter... relev√© des copies dans 4 heures ūüėČ !

"La Galette" (avenue Georges Pompidou). C'√©tait √† la fois une p√Ętisserie, une boulangerie, un restaurant, un glacier, une cr√™perie, un salon de th√©. Cet endroit √©tait tout sauf typiquement s√©n√©galais... Mais, d√®s que l'occasion se pr√©sentait, on aimait y aller pour y manger quelques gourmandises qui nous faisaient cruellement d√©faut : des cr√™pes (sal√©es et sucr√©es) et surtout de vraies glaces (sans l'option tourista qui va g√©n√©ralement avec ce genre de d√©gustation en pays exotiques).
"Le Dagorne" (rue Dagorne, juste √† c√īt√© d'une entr√©e du march√© Kermel). C'√©tait un restaurant tenu par des expatri√©s. La cuisine propos√©e √©tait de bonne qualit√©. Rien de typiquement local l√† non plus, mais √ßa faisait du bien de sortir de nos "standards locaux" plut√īt m√©diocres d'expatri√©s...

Chose √† peine croyable, plus de 20 ans apr√®s les avoir fr√©quent√©s √©pisodiquement, ces trois √©tablissements existent encore aujourd'hui. Ils se trouvent dans l'incontournable "quartier plateau", cŇďur n√©vralgique de la capitale o√Ļ se situaient alors les plus vieux b√Ętiments, ainsi que le Palais Pr√©sidentiel, la grande Place de l'Ind√©pendance ou encore la Gare ferroviaire de style colonial. Ce quartier √©tait comme un centre-ville historique. Depuis, les choses ont beaucoup √©volu√©, les vieilles b√Ętisses tomb√©es en ruine ayant √©t√© remplac√©es par des b√Ętiments modernes et chics.

Hormis Dakar, j'aurais pu aussi √©voquer des bonnes adresses et des bons plans si on avait v√©cu dans la principale r√©gion touristique du S√©n√©gal, appel√©e la Petite C√īte. Mais c'est tellement clich√© que √ßa n'aurait absolument rien de typique puisque l'ambiance dans ces coins-l√† est 100% artificielle. Elle est uniquement destin√©e aux touristes d√©sireux de d√©paysement √† l'africaine (mais pas trop quand m√™me...).
Ceci dit, il est toujours sympa d'assister à un petit concert de tam-tam et djembés sous les étoiles et à la lueur d'un feu de camp allumé sur une plage...




Lorsque nous vivions à Kaolack puis à Thiès, nos seules sorties nocturnes habituelles étaient soit au resto, soit au ciné, soit au Cercle des coopérants français (qui n'existait qu'à Kaolack), comme je l'expliquais dans la 1ère édition des #HistoiresExpatriées.


Me trouvant fort d√©pourvue pour parler de la vie noctambule au pays de la Teranga, j'ai alors envisag√© le th√®me sous un angle diff√©rent, comme une invitation √† des balades citadines nocturnes pour d√©couvrir la beaut√© des villes illumin√©es, des b√Ętiments et monuments mis en valeur par de puissants √©clairages.
Oui mais voilà, pour pouvoir illuminer/éclairer, il faut de l'électricité... L'éclairage urbain au Sénégal n'était pas très répandu, pour ne pas dire quasiment inexistant en dehors des lieux touristiques (et encore) ! Et puis avec le fléau des incessantes coupures de courant intempestives, c'était folklorique. Visiter by-night une ville à la lampe frontale, ça pourrait être un concept insolite, mais ce n'est quand même pas le top du top !


naviguer à l'aveugle...


Bref, comme j'ai malgré tout envie de participer à ce nouveau rendez-vous des #HistoiresExpatriées, je vais parler de ce que peut m'évoquer la nuit au Sénégal...

La premi√®re chose qui me vient √† l'esprit c'est qu'il fait nuit t√īt sous ces latitudes ! √Ä 19h, c'est pli√©, le soleil s'est couch√© et le nuit ne tarde pas √† tout envelopper de son intense obscurit√©. Le jour se l√®ve tout aussi t√īt. Nos organismes ont fini par se caler sur un nouveau rythme biologique, celui du soleil. Ce qui ne veut pas dire qu'on allait forc√©ment se coucher comme les poules ūüėĀ !  
L'arrivée de la nuit était synonyme de trêve (toute relative) pour nos corps en surchauffe, malmenés par les températures infernales de la journée.
Et puis, comme je l'ai d√©j√† expliqu√© pr√©c√©demment ici, nos nuits √©taient absolument magiques et restent in√©gal√©es dans leur cat√©gorie. Les animaux environnants avaient aussi leur part de responsabilit√© : entre les √Ęnes qui ne cessaient de braire en imitant le grincement d'une pompe gripp√©e, les coqs en jetlag qui chantaient m√™me la nuit, les chiens qui aboyaient, les chats qui se battaient √† grands cris, les moutons et les ch√®vres qui b√™laient, les cochons qui grognaient et les innombrables oiseaux qui piaillaient, l'ambiance nocturne √©tait assur√©e !

Pour les sénégalais, dès la nuit venue, la vie se poursuit à l'extérieur. Soulagement des corps mais pas forcément des tympans... comme je l'ai raconté là.

En brousse aussi toutes les occasions sont bonnes pour faire la fête autour d'un feu, au son d'un tam-tam. Les enfants ne manqueraient ces parenthèses d'insouciance pour rien au monde ! La nuit venue est pour eux propice aux petits plaisirs de la vie, aussi simples et basiques soient-ils : savoir se contenter de peu, c'est peut-être ça la clé du bonheur ?




Ce sont d'ailleurs les nuits pass√©es en brousse qui m'ont le plus envo√Ľt√©e. J'y ai d√©couvert tous les bruits de la nature africaine, une exp√©rience un peu paradoxale pour moi car j'√©tais √† la fois effray√©e et fascin√©e.
√Ä la base, je croyais na√Įvement que d√®s le soleil couch√©, toute la vie se mettait en stand-by. Mais en r√©alit√©, il n'en est absolument rien, bien au contraire ! Le monde sauvage nocturne prend le relais, et autant dire qu'il y a de l'ambiance avec plein de bruits inconnus.

Dans un tel contexte, on dort bizarrement... quand on parvient √† s'endormir vraiment ! C'est comme dans un demi-sommeil, on somnole, on est entre deux eaux. Curieusement, on dort sans vraiment dormir, on entend tout ce qui se passe et tous ces bruits inconnus mettent tous les sens en alerte. On est √† la fois comme connect√© √† la nature environnante tout en √©tant en plein r√™ve. Non non, je n'ai pris aucune substance stup√©fiante avant d'√©crire, mais c'est tr√®s difficile √† expliquer. √Čcouter la faune des alentours est fascinant.  

Chaque fois o√Ļ j'ai dormi en brousse a √©t√© une exp√©rience inoubliable, aussi bien exaltante que flippante parfois !
Comme par exemple lors de diff√©rents bivouacs au cŇďur du Parc du Niokolo Koba au S√©n√©gal Oriental. Une fois, sans le savoir sur le moment (sinon j'aurais fait un arr√™t cardiaque de terreur), j'ai pass√© une partie de la nuit allong√©e √† c√īt√© d'un python royal (je pr√©cise que j'ai une peur panique des serpents !!!) venu se blottir contre mon dos, avec juste la toile de ma tente entre lui et moi. Pourtant j'ai tent√© d'identifier ce que pouvait bien √™tre ce bruit r√©gulier vraiment tr√®s bizarre de souffle/sifflement derri√®re moi, mais en vain... J'avais alors cru que c'√©tait le coussin gonflable de Phil√©as qui √©tait crev√© et qui se d√©gonflait petit √† petit.
Une autre fois, j'ai entendu des cris effroyables ponctuant un chahut d'origine animale pas possible : c'√©tait une hy√®ne qui avait d√©vor√© un b√©b√© singe tomb√© d'un arbre juste √† quelques m√®tres de la tente. Cette nuit-l√†, √† peine quelques heures auparavant, je m'√©tais √©merveill√©e de la jolie genette qui tr√īnait fi√®rement sur une branche au-dessus de nos tentes... Le r√©cit de ce moment √©pique est l√†.

une magnifique genette impassible...

L'une de mes plus extraordinaires nuits sénégalaises fut celle d'un "réveillon du jour de l'An" singulier passé chez les Bédiks à Iwol, petit village perché en haut d'une colline au fin fond du Sénégal oriental. Cette nuit-là, nous avons eu le privilège exceptionnel de voir la Danse des Masques Chamboumbou. Je l'ai racontée ici.





Enfin, la nuit m'√©voque forc√©ment les couchers et levers de soleil. C'est incontournable mais ce sont toujours des moments magiques. Alors pour terminer cet article en images, en voici quelques uns de mon ailleurs. 
Bonne nuit !

fleuve Gambie, parc du Niokolo Koba
dans le Siné Saloum
sur l'√ģle Mar Lodj dans le Sin√© Saloum
Plage de Cap Skirring en Casamance
Plage de Cap Skirring en Casamance
Plage de Cap Skirring en Casamance
presqu'√ģle du Cap-Vert du c√īt√© de Dakar-Yoff
presqu'√ģle du Cap-Vert du c√īt√© de Dakar-Yoff
presqu'√ģle du Cap-Vert du c√īt√© de Dakar-Yoff
en Casamance
dans le Siné Saloum
dans le Siné Saloum
 



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Précédentes #HistoiresExpatriées :

√©dition n°4 : Ma nouvelle routine...
√©dition n°3 : Pourquoi es-tu partie ?
√©dition n°2 : F√™tes et lumi√®res d'ailleurs...
√©dition n°1 : Un nouveau "chez soi" ailleurs...










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8 commentaires:

  1. J'adore l'angle qu'a pris cet article, comme quoi on a tous des histoires très différentes à raconter !

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    1. Oui et c'est ça qui rend ce rendez-vous super intéressant !!! Merci Stéphanie.

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  2. Ah ! Le souvenir du Restaurant "Chez Loutcha" !

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  3. Oh je deceiver tout juste ton blog, et ton article est magnifique ! J'aurais aimé voir les photos de ces portions de plat de folie que tu décris. Les photos du coucher de soleil sont sublimes ! Le Senegal me fait rêver depuis longtemps, mais je n'ai pas encore la chance d'y aller !

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    1. Merci pour ton commentaire.
      Je n'ai aucune photo des plats typiques des restaurants, d√©sol√©e. Il ne te reste plus qu'√† y aller, en priorit√© "Chez Loutcha" pour les voir en vrai et les photographier ūüėČ !!!

      Si le S√©n√©gal te fait r√™ver alors tu trouveras de quoi lire et regarder sur mon blog, car j'en parle beaucoup ūüėā... Le S√©n√©gal et moi, c'est une tr√®s vieille et longue histoire compliqu√©eūüėä.

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