Rando đŸš¶‍đŸš¶‍ Ă  DindĂ©fĂ©lo & trek final (au mental) de notre aventure jusqu’Ă  la cascade de SĂ©gou.






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Nous posons notre seau vide devant la porte en sortant et nous nous mettons aussitÎt en chemin pour aller à la cascade de Dindéfélo à environ 2 kms du village.





Le site en lui-mĂȘme est un cul-de-sac, encaissĂ© dans une anse naturelle de falaises. "Dindefello" signifie "au bas de la montagne" en langue Peul. Cette montagne, c'est DandĂ©. Le cours d'eau prend sa source au sommet avant de chuter de la paroi rocheuse, haute d'une centaine de mĂštres, et finir sa course dans un bassin naturel tapissĂ© de blocs de roche qui se sont dĂ©tachĂ©s de la falaise. Le dĂ©bit de la cascade est variable durant l'annĂ©e. Il arrive mĂȘme parfois, lors de la saison sĂšche, qu'elle n'ait plus assez d'eau et ne coule plus.

Pour s'y rendre, il faut compter une demi-heure de marche. Mais pour ĂȘtre certain d'arriver Ă  destination sans se perdre, il faut surtout ĂȘtre accompagnĂ© par un guide ! Car on traverse un dĂ©dale de sentiers de plus en plus Ă©troits, de sous-bois luxuriants, de clairiĂšres Ă  la vĂ©gĂ©tation dense. Puis il faut arpenter prudemment des chemins rocailleux jalonnĂ©s de blocs de roche et longeant le cours d'un ruisseau. Heureusement que la quasi-totalitĂ© du parcours est Ă  l'ombre. C'est trĂšs apprĂ©ciable pour Ă©viter la surchauffe au soleil, car mĂȘme si cette mini randonnĂ©e n'est pas trĂšs difficile, elle rĂ©clame quelques efforts.









Au fur et à mesure de notre progression, nous sommes comme happés par les lieux, telle la famille de la jungle perdue au milieu de la nature sauvage, bercés par les chants des oiseaux (et les protestations de nos jeunes trekkeurs...).

MĂȘme si je suis sur le qui-vive dans cet endroit paradisiaque pour les bestioles que je crains de croiser sur notre route, je trouve l'atmosphĂšre trĂšs apaisante.

Pour tout dire, cette balade me plaĂźt beaucoup.






Plus on avance et plus le canyon se rétrécit. Et puis soudain, le bruit de l'eau qui chute résonne contre les parois rocheuses abruptes qui nous entourent. C'est le signe qu'on y est presque, le soulagement se lit sur les visages.
On aperçoit alors des gens, on comprend qu'on arrive.... et qu'on ne sera pas seul ! La joie de la découverte est un peu gùchée sur le moment.

VoilĂ , on y est !!! DerriĂšre une derniĂšre paroi rocheuse apparaĂźt enfin la cascade. Le temps est comme suspendu. La magie opĂšre instantanĂ©ment : les protestations de nos petits rĂąleurs invĂ©tĂ©rĂ©s sont remplacĂ©es par un grand 《 WOUHAAAAA !!! . C'est l'Ă©merveillement. MĂȘme pour PhilĂ©as qui est pourtant venu ici Ă  de multiples reprises, mais il ne s'en lasse pas. A chaque fois, il y a un petit quelque chose de diffĂ©rent.

















Pour Philéas, cette fois, il y a deux petits quelques choses de différent.


D'abord, la sérénité, qui rÚgne habituellement dans ce lieu au goût de paradis perdu, est quelque peu perturbée ! Pour ne pas dire complÚtement pourrie... par une bande de mecs qui braillent.... dans leur téléphone portable !!!
Nous hallucinons quand nous nous rendons compte qu'ils tĂ©lĂ©phonent ICI, dans ce coin complĂštement paumĂ© oĂč on ne peut venir qu'intentionnellement, certainement pas par erreur. En plus, le site est tellement enclavĂ© dans la montagne et cernĂ© par des Ă -pics rocheux que c'est vraiment un endroit oĂč on ne pourrait mĂȘme pas espĂ©rer capter le moindre signal d'un quelconque rĂ©seau GSM !!! Mais, aussi incroyable que ça puisse paraĂźtre, les tĂ©lĂ©phones de ces SĂ©nĂ©galais captent...
En revanche, pas sûr que leur interlocuteur entende parfaitement bien à l'autre bout du fil, car c'est à celui qui parlera le plus fort pour couvrir le vacarme de l'eau... et l'écho de son voisin de rocher !!! Dans cette "cage" de pierre, la résonance du moindre son est amplifiée par l'écho.
Sur cette petite vidéo de la cascade, au début j'ai réussi à filmer sans personne dans le champ de vision, mais l'ambiance sonore est gùchée par les piailleurs sénégalais que j'ai fini par filmer à la fin !!!






Ensuite, seconde petite différence : le rituel de la baignade dans cette grande piscine naturelle, dont une légende locale dit que l'eau y aurait des vertus bienfaitrices.
Habituellement, pas plus tÎt Philéas arrive sur le lieu qu'il se met en slip et se baigne. L'eau y est bonne, ça rafraßchit bien aprÚs la marche d'accÚs, surtout avec la chaleur qui rÚgne. Mais il en est tout autrement aujourd'hui...
Anthony et PhilĂ©as sont les seuls motivĂ©s pour faire trempette. Ils mettent leur maillot et vont s'assoir prudemment sur un rocher au bord de l'eau. Ils poussent un petit cri en cƓur quand ils plongent leurs pieds. PhilĂ©as s'Ă©crie, surpris :
  La vache ! Elle est glacĂ©e !
- laisse tomber Papa, moi j'y vais pas, elle est trop froide.
- attends, laisse tes pieds un moment, le temps de t'habituer. Il fait chaud dehors, la différence de température est trop grande.
- non, non, je préfÚre pas, elle est gelée !

Un couple de toubabs d'une cinquantaine d'années débarque alors. Décidément, il y a foule à Dindéfélo en ce premier jour de l'An !!!
On les salue, ils nous répondent en italien. Je savais qu'il y avait beaucoup d'espagnols au Sénégal, mais c'est la premiÚre fois que j'y aurais croisé des italiens.
L'homme veut se baigner lui aussi, il semble trÚs motivé. Mais quand, à son tour, il trempe un orteil, la grimace sur son visage ne fait aucun doute : il déchante rapidement.

Contre toute attente, Philéas finit par renoncer aussi :
   C'est fou ça ! Je n'en reviens pas. C'est la premiĂšre fois que je viens ici et que je ne peux pas me baigner. Elle est vraiment trop froide, je ne peux pas y aller... Tant pis ! On essaiera de se baigner demain Ă  SĂ©gou.











On est restĂ© lĂ  encore un petit moment, Ă  observer le cirque bruyant de la bande de mecs. Un sketch ! Ils voulaient absolument s'approcher de la chute, sauf que le seul moyen d'aller toucher les eaux de la cascade c'est Ă  la nage... Mais chacun tentait quand mĂȘme sa chance de part et d'autre du bassin, en longeant les falaises, en Ă©quilibre, sur les rochers mouillĂ©s et glissants. On a bien cru(espĂ©rĂ©) qu'il y en aurait un qui finirait Ă  l'eau pour mettre encore un peu plus d'ambiance, mais non. Ils ont renoncĂ© eux aussi.

Avec tout ce monde et ce ramdam, difficile de profiter pleinement de l'atmosphÚre si particuliÚre (et si tranquille en temps normal) du lieu. Alors on décide de repartir au village avant le coucher du soleil, qu'on puisse profiter de la lumiÚre du jour pour (tenter de) se doucher.

Sur le chemin du retour (mĂȘme distance, mĂȘme durĂ©e, mĂȘme concert de protestations), le guide nous a expliquĂ© que dans ces forĂȘts vit l'un des derniers groupes de chimpanzĂ©s encore prĂ©sents au SĂ©nĂ©gal. Ils peuvent ĂȘtre observĂ©s au lever du jour lorsqu'ils vont s'abreuver au ruisseau. Nous les avons entendus (les chimpanzĂ©s se gueulent dessus, ça ne passe pas inaperçu !), mais malheureusement nous n'avons pas rĂ©ussi Ă  les voir en haut des arbres Ă  travers l'Ă©paisse vĂ©gĂ©tation et les sacs de nƓuds formĂ©s par les lianes. En revanche, notre guide nous a montrĂ© un nid : je ne savais pas que les chimpanzĂ©s construisaient des nids ! 
PhilĂ©as rĂȘve depuis longtemps de cette rencontre furtive, cela fait partie des (rares) choses qu'il n'a pas encore pu faire lĂ -bas. Mais bien sĂ»r, c'est prĂ©vu sur sa liste ! TrĂšs certainement en 2016.


[...]



Vendredi 2 janvier 2015 : avant-dernier jour de notre aventure Iwol Express. L'heure de la derniÚre grande épreuve a sonné : le trek final est annoncé.
Ce matin, personne n'est dans une forme olympique. Tout le monde est courbaturĂ© et fourbu de la journĂ©e de la veille. Estelle se plaint d'ailleurs de son genou : s'il nous lĂąche maintenant, ça ne va pas ĂȘtre pratique pour la randonnĂ©e qui nous attend... Hier, ce n'Ă©tait qu'un petit entraĂźnement...

AprÚs avoir pris un solide petit déjeuner, nous chargeons toutes les affaires dans le 4x4 puis partons du campement de Dindéfélo, direction la cascade de Ségou pour notre derniÚre exploration.

Durant le trajet, Spaghetti nous paraĂźt de plus en plus contrariĂ©. Nous demandons au guide ce qui le tracasse. Il nous explique alors que pour aller Ă  SĂ©gou, la piste est en trĂšs mauvais Ă©tat (dĂ©jĂ  qu'on trouve les pistes pourries, je n'ose mĂȘme pas imaginer...), et comme nous n'avons plus de roue de secours depuis la descente d'Iwol, il a peur de crever !!! J'avais dĂ©jĂ  complĂštement oubliĂ© cet Ă©pisode, pourtant c'Ă©tait hier !!! Depuis, il n'a pas encore pu faire rĂ©parer le pneu. La prudence est donc de mise.
Arrivés au village de Ségou, nous prenons le chemin qui mÚne au point de départ du trek pour aller jusqu'à la cascade. La tension monte d'un cran : Spaghetti, pourtant impassible d'habitude, est visiblement nerveux.

Il faut avouer que quand on dĂ©couvre lĂ  oĂč on doit passer, il y a de quoi s'inquiĂ©ter pour les roues ! La piste n'est qu'une succession de caillasses saillantes et coupantes. Nos pneus presque lisses pourraient ĂȘtre Ă©ventrĂ©s Ă  la moindre fausse manƓuvre. Le camion doit faire le fakir s'il veut passer sans Ă©clater !!! Spaghetti roule au pas, plus doucement que ça, c'est l'arrĂȘt ; Ă  ce rythme-lĂ , on ne sait pas Ă  quelle heure on va arriver. Chaque caillou est nĂ©gociĂ© Ă  grand coup de volant. Nous sommes secouĂ©s, nos lombaires font du trampoline mais nous retenons notre souffle et croisons les doigts.
Au bout de quelques minutes, Spaghetti jette l'éponge : il sort du chemin, roule dans un champ et va se garer à l'ombre d'un arbre immense. Le guide nous explique qu'il refuse d'aller plus loin car la piste est encore plus mauvaise ensuite (ah bon ? Plus mauvaise ? C'est possible ???), il ne veut pas prendre de risque. Tout bien réfléchi, il a raison Spaghetti : mieux vaut marcher un peu plus maintenant et pouvoir repartir aprÚs le trek, car nous avons beaucoup de kms à parcourir ensuite. Il décide donc de nous attendre dans le camion pour garder toutes les affaires. Le trek final s'en trouve quelque peu rallongé et part de là !
Ce n'est que le matin mais il fait déjà trÚs chaud. Nous nous tartinons de crÚme solaire, prenons nos petits sacs à dos chargés de bouteilles d'eau et de quoi grignoter pour les fringales. Estelle et Anthony, qui détestent marcher et qui sont fatigués de ces derniers jours, ne sont pas du tout motivés et nous le font bien comprendre... Tout va se jouer au mental... C'est parti...

Le guide nous emboßte le pas et retourne sur la piste défoncée que le 4x4 a abandonnée.
Le paysage qui nous entoure est pittoresque et me plait beaucoup, mais je réalise qu'il faut atteindre les collines au loin... Oui... forcément... la cascade de Ségou dévale une falaise, donc l'eau ne peut provenir que du haut des collines...
Ce n'est pas que je me décourage, mais avec le soleil qui cogne fort, cette mise en jambes en plein cagnard va nous tuer dÚs le départ de l'action.
Je suis surprise lorsque nous dĂ©passons un groupe de femmes avec des gamins, je n'ai pas compris oĂč ils allaient, ce chemin est un cul de sac.



Au bout d'un moment, le sentier se rĂ©trĂ©cit, la vĂ©gĂ©tation commence Ă  changer et Ă  ĂȘtre plus touffue.
Puis soudain, nous traversons un bois de bambous ; c'est plutĂŽt inattendu ici mais c'est le signe que nous approchons d'une zone oĂč il y a de l'eau.
Le guide nous montre alors quelque chose de rare : la floraison des bambous. Elle est rare car pas du tout annuelle. Ici, des scientifiques ont observé que le phénomÚne se produit en moyenne une fois tous les 10 ans.
Nous ne savions mĂȘme pas que les bambous fleurissaient, c'est une grande dĂ©couverte plutĂŽt insolite pour nous.
Les fleurs de cette variété de bambous sont plutÎt moches mais surprenantes, on dirait des pompons ressemblant à des bogues de chùtaignes.
Peu aprÚs ce bois de bambous, l'eau fait son apparition. Le guide nous explique alors que le départ du trek est là. Il n'y a bientÎt plus de chemin, mais il y a de l'ombre à partir de maintenant ! Cela se ressent immédiatement sur la température qui devient beaucoup plus supportable, une bénédiction...

 
 
 


Au fur et à mesure que nous avançons, je comprends mieux pourquoi trÚs peu de guides touristiques indiquent la cascade de Ségou ! Il faut reconnaßtre qu'elle est plutÎt difficile d'accÚs. Ce n'est pas insurmontable, mais elle se mérite...
Comme celle de Dindéfélo, elle est nichée au terminus d'un canyon, moins haut mais plus étroit et encaissé.
Pour y aller, il n'y a donc aucun sentier : il faut crapahuter pour remonter le cours du ruisseau à travers un labyrinthe rocailleux à la végétation exubérante.
Ce dédale est plutÎt escarpé par endroit, il faut monter, descendre, remonter, redescendre. Les quadriceps sont soumis à rude épreuve et les jambes fatiguent vite. Estelle et Anthony préfÚrent s'aider d'un bùton... en plus de rùler comme des poux et nous maudire à haute voix...

 










Pour pouvoir progresser, il nous faut traverser le cours d'eau à plusieurs reprises car on ne peut passer que par un seul cÎté.




Nous traversons des clairiÚres étroites absolument féériques, magnifiques avec leur tapis de fougÚres verdoyantes (plantes qu'on ne s'attend pas du tout à voir ici).



Certains passages prennent mĂȘme des faux airs de via ferrata, mais sans aucune protection !!! TrĂšs concentrĂ©s, nous jouons les Ă©quilibristes, tels des bouquetins Ă  la queue leu leu.








Pendant toute la procession, je supplie (pour ne pas dire soĂ»le) mes troupes de regarder consciencieusement oĂč elles posent les pieds pour ne pas tomber, et les mains car, Ă©videmment, je crains encore et toujours la rencontre animale non dĂ©sirĂ©e !!!

Par chance, la seule bestiole qui s'est mise en travers de notre chemin a été un énorme mille-pattes.



Les courbatures de la veille nous tirent de plus en plus, nous nous sentons faiblir. Je m'inquiĂšte un peu car il va bien falloir trouver l'Ă©nergie nĂ©cessaire pour le retour... Mais aprĂšs 1 h 45 de trek intense (mĂȘme pour PhilĂ©as qui n'est que l'ombre de lui-mĂȘme en cette fin d'aventure), l'Ă©merveillement est au rendez-vous.... Pour moi, l'effort vaut trĂšs largement la peine d'avoir Ă©tĂ© fourni car la rĂ©compense est au bout du chemin, et elle n'est que pour nous cette fois...
Pour Estelle et Anthony, le plaisir/soulagement d'avoir atteint la cascade est... comment dire... beaucoup plus mitigé... Ils ne pensent qu'à une chose : trouver un rocher pour s'assoir, reprendre leur souffle, bouder, boire et grignoter quelque chose.



 

 


PhilĂ©as se met aussitĂŽt en slip et plonge le bout d'un orteil dans la vasque de rochers au pied de la chute d'eau. Le bassin est beaucoup plus petit qu'Ă  DindĂ©fĂ©lo, mais l'eau est moins froide. PhilĂ©as arrivera Ă  s'y tremper entiĂšrement, le temps d'aller jusque sous la cascade et de revenir. Mais pas plus longtemps, il la trouve un peu trop fraĂźche Ă  son goĂ»t tout de mĂȘme...






Ici le temps est comme suspendu. Nous sommes seuls pour profiter du site, bercĂ©s par les seuls piaillements entĂȘtants des myriades d'oiseaux et le bruit de l'eau.
J'adore ce petit goĂ»t de Jardin d'Eden perdu au fin fond d'une forĂȘt envoĂ»tante, bien plus que DindĂ©fĂ©lo finalement, pourtant plus spectaculaire.
Nos petits explorateurs, de leur cÎté, font du boudin en silence, des éclairs de ras-le-bol leur sortant des yeux...
Pendant ce temps, le guide observe la cime des arbres à la recherche de la famille chimpanzé qui vit dans les parages. Malheureusement, nous n'aurons pas le privilÚge de pouvoir les observer. Dommage !

Cette parenthÚse enchantée doit se refermer trop vite, mais nous devons penser au retour qui s'annonce laborieux.
Il me faut (re)motiver nos "desperate children" qui se transforment en chiens enragĂ©s : ils ne s'expriment plus qu'en grognant et en nous aboyant leur saturation... Mais il faut bien avouer que maintenant qu'ils savent prĂ©cisĂ©ment ce qu'il faut fournir comme efforts pour venir jusqu'ici, trouver des arguments de motivation pour leur faire entendre raison est mission impossible. Ça ne sert Ă  rien de leur raconter des cracks : ils en ont bavĂ© pour l'aller, ils savent pertinemment qu'ils vont en chier pour le retour !
Il est donc inutile de m'Ă©puiser Ă  tenter, en vain, de leur faire entrevoir un quelconque point attractif Ă  la seconde mi-temps de ce trek final... Autant se mettre en route sans perdre plus de temps.
Nos jambes ne mettent pas longtemps avant de flageoler, les muscles finissent par trembler Ă  chaque flexion/extension. Mais il ne faut ni faiblir, ni traĂźner la patte vu le parcours d'Ă©quilibriste incontournable.
Au fur et à mesure de la progression, les grognements de rage laissent la place à des lamentations et des gémissements de fatigue : Estelle et Anthony s'approchent de leurs limites, et moi avec...

 



 
 



Nous crapahutons tels des zombies, les guiboles tĂ©tanisent, nous dĂ©pĂ©rissons Ă  vue d’Ɠil.
La sortie de la forĂȘt ombragĂ©e va nous achever ! Nous retrouvons le sentier Ă©crasĂ© de chaleur avec le soleil au zĂ©nith. Avancer devient un supplice tellement il fait chaud. Nous avons mal partout.
Estelle et Anthony se mettent Ă  pleurer en silence, leurs nerfs lĂąchent, ils sont Ă  bout de force. Soudain, Anthony n'arrive mĂȘme plus Ă  marcher, ses jambes ne le portent plus. PhilĂ©as, Ă©reintĂ© lui aussi et les lombaires en vrac en bonus, est obligĂ© de le porter sur son dos. Voyant ça, Estelle, en larmes, sort de ses gonds : elle s'arrĂȘte Ă  son tour, refuse de continuer, s'assoit sur le sentier et menace de ne plus bouger tant que le 4x4 ne vient pas la chercher. Manquait plus que ça !!! Il nous reste encore beaucoup de route jusqu'Ă  ce soir, sans compter que nous n'avons mĂȘme pas encore mangĂ© et l'heure tourne...
Face à cette grÚve du zÚle, il me faut déployer un trésor d'énergie (malgré mes batteries à plat) et de force de persuasion pour la convaincre de se relever et de continuer à avancer. Je n'ai aucune intention de moisir ici !!! Je porte le sac à dos de Philéas et la bouteille d'eau d'un cÎté, de l'autre je tracte ma fille en la traßnant par la taille bras dessus bras dessous.

Le cortÚge des éclopés a achevé son trek final au mental...

Arrivés au 4x4, toujours garé à l'ombre et avec Spaghetti faisant la sieste sur la banquette arriÚre, nous nous écroulons, exténués. Nous n'en pouvons plus, nous mourons de chaud, nous avons soif, nous avons faim, nous avons les jambes en compote. Estelle et Anthony sanglotent d'épuisement pendant que nous les applaudissons et les félicitons pour l'exploit qu'ils viennent d'accomplir et pour la vaillance dont ils ont fait preuve depuis le début de cette aventure. Estelle ne perd pas pour autant son sens de la dérision :
《 PLUS JAMAIS ÇA LES PARENTS !!! Je suis au bout de ma vie lĂ ... Non mais sĂ©rieux, je vois un tunnel avec une lumiĂšre au bout... Que quelqu'un m'achĂšve s'il-vous-plaĂźt !!!

Nous sommes trĂšs FIERS de nos valeureux aventuriers car maintenant ils pourront dire qu'Iwol Express, ILS L'ONT FAIT !

 






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rĂ©cit complet de l’intĂ©gralitĂ© de notre aventure 
Ă  lire (et regarder) en cliquant sur ce lien goo.gl/QjYKvd













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